juin
3
2012

Pourquoi faut-il aller voir un GP en moto ?

Ce dimanche a eu lieu le Grand Prix de Catalogne à Catalunya. C’est l’occasion pour moi de vous ramener deux semaines auparavant pour le Grand Prix Monster Energy sur le circuit des 24 heures du Mans. Epopée dont je me remets à peine !

 

 

 

Je me suis demandée, quel est l'intérêt d'aller assister à une telle course surtout sous la pluie ? Pourquoi ne pas rester au chaud pour regarder la diffusion en direct à la télé ? Hmm… parce nous sommes un peu maso?

 

 

Mais non !! Je vous assure, c’est génial d’aller se geler sur l’autoroute un dimanche matin. C’est d’ailleurs ce que nous allons découvrir aujourd’hui ! N’étant pas vraiment une grande amatrice des sports de compétition, je n’ai jamais assisté à un match ou à une course quelconque que ce soit à la télé ou en vrai d’ailleurs. Pour être honnête, je suis totalement contre ce système composé de sportifs de haut niveau (sans cervelle ?!) avec leurs salaires exorbitants. 

Et voila que des amis m’entrainent voir une course de moto ! Je me retrouve donc avec mes idées bien arrêtées sur ce monde méconnu, en route vers le Mans en ce dimanche prometteur. Enfin… après avoir râlée, refusée, négociée et finalement dit oui en échange de chocolats, bien sûr. On ne se refait pas ! Et puis, les motards ce n’est pas pareil, ce ne sont pas des footballeurs. Ils ne peuvent pas être pire, non ?

 

La pluie

 

 

Nous partons avec quatre motos le dimanche matin vers sept heures. Autant vous dire que le réveil a été horrible. Surtout lorsqu’on a passé la nuit comme moi, les yeux grands ouverts en imaginant tous les accidents mortels possibles. Moi, paranoïaque ?! Heureusement, mes angoisses s’envolent une fois en selle. Tout se passe bien jusqu’à se qu’on arrive au péage. Quasiment personne sur la route, ce qui est plutôt rare en région parisienne, on en profite ! Mais soudain des gouttes de pluie se faufilent sur le casque. On s’arrête donc rapidement pour enfiler un pantalon de pluie et on repart tranquillement. Peu à peu, la pluie s’intensifie, et tout le reste du trajet se fait sous de violents orages, ponctués de grêle, sans oublier les bourrasques de vent. L’enfer ! Bien évidement, ma veste et mes gants ne sont pas complément étanches…Et j’entrevois les limites de mon pantalon de pluie en sentant les gouttes s’infiltrer au niveau de l’élastique. Seuls mes pieds restent bien au sec. Le reste de mon corps est entièrement gelé, frigorifié, congelé !! Je ne sens ni mes doigts, ni mes genoux, ni aucune autre partie de mon corps d’ailleurs. Cependant, sur la route, nous croisons pleins de motard(e)s plus ou moins bien équipés, et même si sortir la main ou le pied est douloureux, je suis si heureuse de leur dire bonjour ! Mon visage s’illumine à chaque fois qu’un autre groupe passe à notre hauteur. Peu importe la météo tant qu’il y a de la bonne humeur !!!

 

La boue

 

Mal équipée et donc trempée j’arrive enfin au Mans, toujours sous la pluie. On nous indique rapidement le parking géant d’AMV pour les motard(e)s. Impressionnant au premier abord il s’avère rapidement impraticable. Le sol est composé exclusivement de gros cailloux anguleux et mouillés donc glissants à souhait… Après avoir manqué de me vautrer plusieurs fois on se dirige à pied vers le circuit. Nous rencontrons beaucoup de femmes (prévoyantes et donc bien équipées !). J’étais rassurée de voir qu’elles ont aussi quelques difficultés à manœuvrer sur les cailloux. Par reflexe, je retire mon casque sous la pluie battante. Encore une erreur monumentale, puisque maintenant les cheveux sont mouillés. Rien de mieux pour tomber malade…Et là évidemment, le chemin jusqu’à l’entrée est fait de terre. La boue se repend donc sur les chaussures, le pantalon et bientôt sur les gants. Hé oui, douée comme je suis, faire tomber les gants dans la terre mouillée est inévitable… Je râle ensuite inlassablement contre la météo, l’univers et le dieu de la poisse.

 

Qui a encore envie d’aller voir une course GP sous la pluie ? Pas moi !! Qu’on se rassure, quand la première course a commencé j’ai oublié tout ça pour simplement devenir admirative.

 

Les pilotes

 

Après avoir eu l’impression de mourir de froid au moins vingt fois sur la route, je les regarde évoluer sur la piste avec une telle aisance et une telle rapidité. A croire qu’ils ne voient même pas la pluie ! Sans être une connaisseuse ou même une sportive, j’ai su apprécier l’incroyable technique nécessaire pour parvenir à prendre les virages aussi vite. J’ai regardé la course avec des yeux novices et mon cœur battait à 340km/h quand Rossi a arraché la seconde place. La synchronisation des pilotes, la minutie des gestes rend l’ensemble parfaitement harmonieux. Quitte à être trempée je me suis mise tout devant pour mieux voir les pilotes passer. Moi qui suis une vraie trouillarde en moto j’étais stupéfaite de voir tout ce qu’ils arrivaient à faire sans trembler !!


Vivre ces instants permet de comprendre et d’appréhender une autre facette de l’univers moto. Le retour s’est passé sans encombre, mis à part peut-être l’heure d’attente interminable à la station service. Comme prévu, je suis tombée malade mais alors bien comme il faut hein, la totale ! Avec le recul, j’ai su apprécier le voyage malgré tout car l’ambiance était vraiment extraordinaire. Après deux semaines six pieds sous terre, c'est-à-dire au fond de mon lit avec la crève, je peux vous dire que ca en valait la peine. Assister à une telle course permet de tester les limites de son équipement si on a la chance d’y aller pendant l’apocalypse. Mais aussi de comprendre pourquoi certaines ne ratent aucune course à la télé les dimanches après-midi. Maintenant je les regarderais aussi en me souvenant de cette journée du 20 mai 2012.

 

 

Vous ne vous intéressez pas au sport ? Vous n’avez pas de veste en cuir?

Frileuses ? Et vous adorez vous plaindre ? N’hésitez plus les grand prix moto sont fait pour vous !

 

Je vous assure que je suis encore vivante et en un seul morceau, alors foncez ! 

Rédigé par Maëlle
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